Mgr Jean-Benjamin Sleiman, le cri du cœur

Jean-Benjamin SleimanIl y a d’abord cette douceur qui interpelle dans le regard et dans la voix. Une douceur toute emprunte de fermeté que les charges et les épreuves procurent à certains hommes.

Jean-Benjamin Sleiman est archevêque latin de Bagdad depuis 9 ans. Titulaire d’un doctorat en anthropologie sociale et culturelle, il est religieux dans l’Ordre des carmes déchaux et pendant dix ans conseiller du Maître général de son Ordre à Rome.

D’origine libanaise, il a vécu de près la chute de Saddam Hussein, les horreurs de la guerre et de l’embargo. Il a partagé la condition des chrétiens d’Irak tentés de fuir leur pays. Il a prié et pleuré avec les familles dont les fils et les filles étaient persécutés. Il les a vus devenir « victimes consentantes » faisant d’eux des citoyens de seconde zone. Il les voit aujourd’hui se faire assassiner sans aucune protection de l’Etat.

Au sujet des drames qui ont eu lieu en Irak en février, Monseigneur Sleiman suppliait : « il faut rompre le mur du silence qui entoure le meurtre des chrétiens à Mossoul. C’est un nouvel exode qui commence et une fois encore, les chrétiens sont sacrifiés sur l’autel des politiques radicales de ce pays ». En 2008, il leur a rendu hommage en écrivant son témoignage dans un ouvrage intitulé « Dans le piège irakien. Le cri du cœur de l’archevêque de Bagdad. »

Même s’il avoue avoir parfois eu peur de parler, l’évêque de Bagdad continue d’affermir ses frères dans l’amour et la vérité : « les chrétiens orientaux doivent savoir qu’ils sont des acteurs et des témoins de la paix, des porteurs d’humanité et les révélateurs des idéaux de leur société, et qu’ils sont le vrai levain de cette dernière. » Une puissante et incessante exhortation pour nous, chrétiens, à la confiance et au courage.